La vraie première femme ministre : Germaine Poinso-Chapuis

Germaine Poinso-Chapuis est une femme politique française qui a débuté sa carrière en tant que députée et en tant que ministre de la Santé, en focalisant ses actions dans le domaine juridico-social. Elle a été nommée la première femme ministre de l’histoire de la République le 24 novembre 1947 et ce jusqu’au 25 juillet 1948.

Le contexte historique

 Situons-nous en 1943, Le Conseil National de la Résistance accorde le droit de vote aux femmes lors de la Libération de la France. C’est donc 3 ans plus tard sous les ordres de Robert Schuman qu’elle fut nommée à la tête du ministère de la Santé publique et de la population.

Il est vrai qu’avant elle, la France a déjà connu trois femmes en charge dans le gouvernement du Front populaire de Léon Blum en 1936 : Cécile Brunschvicg, sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale, Irène Joliot-Curie, sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique et Suzanne Lacore, sous-secrétaire d’État à la protection de l’enfance.

Mais ce qui différencie ses époques, c’est que contrairement à ses autres femmes, elle demeure à la tête du ministère et ses décisions ne sont prises que devant le Premier ministre. C’est tout naturellement que le lendemain de sa nomination que l’Aube publie un article sur elle :

« Sa brillante carrière d’avocate s’orienta tout naturellement vers les difficiles problèmes de l’enfance délinquante.
Ce qui la conduisit même à ajouter à ses occupations la création à Marseille, avec M.Vidal Naquet, du Service social de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence.
Et, lorsque vint la nuit de 1940, sa place ne pouvait être qu’au combat, sous toutes les formes de la Résistance. Membre du comité clandestin de libération de Marseille au titre du M.L.N, elle participa au premier municipal comme vice-présidente.
Son courage lui valut de recevoir la médaille de le Résistance »

Ce qu’elle a mis en place

Au tout début de son élection, elle décide de prendre les choses en mains et dépose notamment plusieurs projets de loi parmi lesquels la vaccination obligatoire, le statut des personnels infirmiers, la protection de l’enfance et bien d’autres… Mais lorsque le cabinet Schuman tombe en juillet 1948, elle perd son portefeuille ministériel. Mais ce n’est pas ce qui l’arrête afin de poursuivre son action en faveur de la famille et de l’enfance sur les bancs de l’Assemblée nationale. Elle poursuivra les multiples activités en faveur de la famille, des enfants en difficulté et des enfants handicapés qui ont fondé sa vie et son engagement politique et cela jusqu’à son décès en 1981.

Dans les gouvernements suivants, les femmes demeurent très isolées au sein d’équipes essentiellement masculines. Cette situation évolue à partir de 1974 avec le gouvernement de Jacques Chirac, dans lequel six femmes sont appelées à participer à la conduite de la politique de la Nation. Leurs responsabilités sont d’importances inégales. Seule Simone Veil est nommée en qualité de ministre, plus aucune femme n’avait eu accès à cette fonction depuis la nomination de Germaine Poinso-Chapuis en 1947.

Son importance dans la société

Par son implication dans la vie politique de la France et de ses projets auxquels elle y accorde une énorme importance. Germain Pouinso-Chapuis restera un personnage emblématique des changements de la place de la Femme dans nos sociétés françaises et même avant Simone Veil. Elle a été à elle seule une force de proposition car ses divers projets ont pu voir le jour, et ont d’ailleurs perduré dans le temps.

Auteure : Anne-Gaëlle Perrot