Parlez nous du collectif Re@gir. Pour quelles raisons a-t-il été créé?

Le collectif Re@gir est né en décembre 2016 grâce à des étudiants de 3ème année du programme ESC de Grenoble Ecole de Management, et particulièrement deux personnes : Flora et Marie-Claire. Elles ont décidé de ne plus rester passives face à la situation au sein de GEM (mais on sait que la situation existe aussi ailleurs). Ils et elles ont donc rassemblé beaucoup d’éléments propres au quotidien des Gémiens (NDRL : le nom que les étudiantes de GEM se donnent), en mettant en lumière tous les points problématiques en lien avec le racisme, le sexisme, l’homophobie. L’idée était de montrer que, même si c’est pareil ailleurs, il y a des problèmes et que ceux-ci ne peuvent être réglés qu’en les regardant en face pour mettre en place des mesures concrètes.

Re@gir cherche donc à informer et à sensibiliser. Entre autres, nous organisons des conférences avec le CDPM (Centre de Développement Personnel de Grenoble Ecole de Management) et WoMen@GEM. La dernière était une intervention de Mireille BAURENS, chargée de mission « Egalité Femmes Hommes, diversité, détention » de l’Université Grenoble Alpes, autour de la thématique du « sexisme ordinaire ». Nous publions aussi du contenu d’informations, tels que des articles ou encore les « Speak’her » Corner qui sont publiés chaque mardi soir et dans lesquels nous présentons une figure inspirante, un fait d’actualité ou un chiffre étonnant.

Nous créons toujours de nouveaux projets, modifions ceux qui existent. Tout reste à faire, ce qui laisse beaucoup de liberté.

 

Pour vous, qu’est ce que le harcèlement au travail ?

Si on se réfère à Marie-France Hirigoyen, qui a permis d’inscrire le harcèlement au travail dans la loi, le harcèlement au travail est un harcèlement moral. Il s’agit donc d’une conduite abusive qui, par des gestes, des paroles, des comportements, des attitudes répétées ou systématiques visent à dégrader les conditions de vie, et plus particulièrement, le travail d’une personne.

 

Quelle est votre vision (optimiste, pessimiste) vis-à-vis du harcèlement en général?

Bien que le harcèlement au travail soit désormais reconnu et passible d’une amende et d’une peine de prison (un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende), il est encore très mal pris en charge. Les procédures pour faire reconnaître une situation de harcèlement sont complexes et aboutissent rarement. Aujourd’hui, près de 30% des victimes de harcèlement n’en parlent à personne et seulement, 5% des cas sont portés devant la justice. Pourtant, 1 femme sur 5 se trouverait confrontées à une situation de harcèlement dans sa vie professionnelle. Il est impératif de briser l’omerta !

 

Que penses-tu de la place du harcèlement au sein de Grenoble Ecole de Management ?

Il est difficile de se positionner sans chiffre précis (je ne les ai pas) car je ne peux pas prétendre être capable de porter un regard objectif et suffisamment général pour avoir une vision globale de la situation. Cependant, il est probable que la situation à GEM soit la même qu’ailleurs. Il n’y a aucune raison que GEM fasse exception. Cependant, nous faisons toujours face au problème du silence.

 

Que faites vous pour améliorer cette situation? Quels sont les freins à l’exercice de vos actions au sein du collectif?

Nous informons au maximum pour tenter de faire prendre conscience, à la fois aux potentiels (potentielles) harceleurs (harceleuses) et aux victimes. Nous essayons également au maximum d’être présents et à l’écoute vis-à-vis de celles et ceux qui pourraient ressentir le besoin de s’exprimer ou cherchent des contacts, es moyens d’actions mais ne savent pas où aller.

Un gros frein aujourd’hui serait probablement le manque de visibilité. Nous ne traitons pas de sujet spécifiquement glamour, donc, ce n’est pas étonnant. Cependant, avec plus de moyens, matériels et humains, nous pourrions probablement avoir des leviers de communication et d’actions plus efficaces. Nous comptons également sur l’évolution des mentalités pour que nos actions résonnent mieux et soient plus utiles aux Gemiens (Gémiennes).

 

En trois mots, pour toi, le collectif, c’est quoi ?

Information, lutte et persévérance.