L’analyse de Sophie BUER – CHEMIN et de Séverine LE LOARNE – LEMAIRE, Professeurs à Grenoble Ecole de Management et Membres de la Chaire FERE.

Le sexisme et le harcèlement sont des phénomènes de société que la société, du moins certains membres, tentent de combattre. Certains actes sont condamnables sur un plan moral, d’autres le sont sur un plan pénal. Grâce à ses étudiants, GEM n’a pas attendu le phénomène « Me too » pour agir et, pour paraphraser le collectif d’étudiants à l’initiative de la démarche, pour Re@gir. C’est dans cette logique qu’est né le « Baromètre du harcèlement » (2016), rebaptisé en 2019 « Baromètre du sexisme ». Au regard des résultats, des actions « terrains » sont actuellement menées : Cellule d’alerte, cellule d’écoute et outils pédagogiques « made in GEM » (mais pas que) pour mieux éduquer et accompagner.

Qu’est ce que le baromètre du sexisme?

Ceux qui veulent en savoir plus sur ce baromètre sont invités à consulter la page du site de la Chaire FERE:

Vous préférez une présentation filmée ? Alors, visionnez notre interview réalisé par France 3 en novembre 2020:

https://www.tagaday.fr/media/watch/account/-/v/10/client/4062/docid/189556493/pass/23722e1acb97988f48bfe26d9129aff9c3a3ebee/contact/0/from/veilles/sha/e3846c5907d70f8c9fe0708414534cb3679c4a18

Sinon, retenez que le Baromètre est réalisé tous les ans en MARS. Il détecte et évalue le degré de présence d’actes sexistes dont auraient été victime les étudiants de GEM, de tous programmes, filles comme garçons. Fondé sur des outils de mesure scientifique et des protocoles déjà utilisés (en Océanie en particulier), il a le mérite de poser des questions explicites qui permet aux étudiants de répondre de manière directe. En complément de ces questions fermées, les étudiants qui le souhaitent peuvent témoigner, expliquer, préciser leur propos à la fin du questionnaire. Petite précision: les réponses au baromètre sont anonymes et récupérées dans le respect des normes RGPD… Impossible pour nous de savoir qui est l’auteur de telle ou telle réponse…

Du sexisme au sein des étudiants de GEM en 2020

Lancé quelque jour avant le confinement de Mars 2020, notre crainte était de ne pas pouvoir communiquer aux étudiants et qu’ils ne répondent pas. L’équipe « Qualité et mesure » de GEM (Centre QUID pour ceux qui connaissent) ont fait les relances nécessaires et ont pu complété les actions de la GP « Baromètre sexisme » (actions des étudiants de l’ESC 1A) : Nous avons récupéré 942 réponses exploitables au questionnaire (845 en 2019, 562 en 218, 345 en 2017) soit près de 22% de la population étudiante de GEM. Les étudiants du programme Grande Ecole sont encore les répondants majoritaires (69%). L’année prochaine, gageons que les responsables de autres programmes nous aideront à avoir une représentativité de la réalité GEM complète.

10% : C’est la part des étudiants qui se déclare avoir été victime de sexisme à GEM. En 2019, le taux était de 9,6%. La hausse n’est pas significative et s’explique par la différence entre les 2 échantillons 2019 et 2020… On reste en deçà de la moyenne nationale (estimée à 12 %)… mais, de notre point de vue, c’est tout de même trop !

On pourra soupirer entre constatant que les actions de sexisme identifiées sont surtout liées à des blagues déplacées lancées en face-à-face, à la cantonade, par de (jeunes) garçons, pour la plupart, masculins à leurs homologues féminines (56% des cas). La plupart du temps, celles-ci déclarent avoir ignoré la situation (40,4% des cas) mais elles sont de plus en plus nombreuses à répondre de manière directe ou à parler de ce qui leur est arrivé à d’autres personnes. Notons également que les étudiants sont également victimes de sexisme hors des locaux de GEM.

Parlant du hors des locaux de GEM, certains cas méritent une attention particulière puisque des répondants déclarent avoir été invités à « avoir des relations sexuelles avec quelqu’un alors qu’ils ne le souhaitaient pas » (la question est formulée telle quelle dans le questionnaire). Impossible pour nous de vérifier ces propos, impossible pour nous d’investiguer. Impossible de savoir si l’acte est le fait d’un autre étudiant de GEM ou non. .Le constat ne peut ni être imputé à GEM, ou plus généralement, aux écoles de management, en témoignent les chiffres sur les violences faites aux femmes évoqués par les médias. Cela n’engage que nous, mais nous serions à même de penser que les écoles protègent les étudiants de part leurs actions de sensibilisation, de part leur côté grégaire parfois…

Pour (enfin) faire baisser ces chiffres, la solution : La COHESION étudiants – profs – administratifs

Inviter à la réflection, à la posture réflexive, interpeler mais aussi mettre en place les dispositifs pour acter, sanctionner aussi si nous en avons la possibilité. GEM travaille depuis plus d’un an à la mise en place d’un dispositif à multi-niveaux:

La cellule « d’alerte » est là pour recueillir les témoignages VUS et / ou VECUS.

La cellule d’écoute tente d’accompagner les victimes et de travailler avec elles pour identifier toutes les possibilités existantes à GEM et hors de GEM pour se « reconstruire »

L’accompagnement pédagogique et la production d’outils pédagogiques sont aussi présents :

  • Vous enseignez le management de projet ? Les méthodes d’idéation ? Le briefe marketing ? L’éthique de l’entreprise ? Le consulting ? Le cas « Rencontre avec le sexisme » est l’occasion d’enseigner le contenu pédagogique qui vous incombe ET d’accompagner les étudiants en les sensibilisant à la lutte contre le sexisme. Le support à pour vocation de générer un débat fondé sur le concept de « Bouc émissaire » (René Girard)
1ère planche de la BD « Rencontre avec le sexisme »

ET…

  • Le jeu « Lutter contre le sexisme » initié par les étudiants en mars 2020, en cours de prototypage, sera disponible pour les enseignants de GEM à partir du 1er semestre 2020 !!!

Maintenant, on ne pourra pas dire que l’on ne fait rien… (mais ca, on ne nous l’a jamais dit) et surtout, on a tout pour faire bouger les chiffres et les lignes !!! Rendez vous en 2021 pour les résultats de la 5ème « édition du Baromètre du Sexisme »