Créer les conditions pour l’égalité Femmes – Hommes et le leadership des femmes :
Le Baromètre du sexisme


« Je ne pourrais jamais avoir une femme comme supérieur »

« Elle est mignonne mais… »

« Qu’est ce que peut apporter une femme à la tête d’une usine ? »

Choquant, non ? Et pourtant ces phrases sont encore une réalité dans certaines mentalités et sont extraits d’entretiens que nous avons très récemment menés.


A Grenoble École de Management, un groupe de 10 étudiant.e.s se sont engagé.e.s pour l’égalité en entreprise et pour le leadership au féminin ! Avec le support de la Chaire Femmes et Renouveau Économique, le but est de promouvoir l’accès aux postes de responsabilité aux femmes, que ce soit dans les associations ou dans les entreprises. Parce que nous sommes les managers de demain, nous tenons à sensibiliser aujourd’hui les étudiants et étudiantes à une mentalité plus équitable, afin que nos futur.e.s responsables ou collègues s’engagent pour cette cause primordiale. L’objectif est de s’affranchir des idées reçues et de mettre l’égalité et l’inclusion au centre du débat. Ensemble, nous avancerons vers une société de tolérance 0 à la discrimination : ni pour le sexe, ni pour la couleur, ni pour une orientation sexuelle. Avançons ensemble vers un avenir meilleur, pour nous et pour les générations à venir !

LES OBJECTIFS et le PRINCIPE

La principale action, initiée en 2016 est le BAROMETRE DU SEXISME. Initialement appelé Baromètre du Harcèlement, il mesure tous les ans, comment les étudiantes – mais aussi les étudiants – de Grenoble Ecole de Management vivent les propos sexistes au quotidien, dans leur environnement d’étudiants, donc dans les locaux de GEM mais aussi dans leur habitat, dans l’entreprise qui les accueille pour des stages ou qui les embauchent…

LA METHODOLOGIE

L’enquête est réalisée à partir de travaux de recherche menés selon les échelles de mesure du harcèlement sexuel et de la discrimination de genre. Elle vise à détecter les signes de harcèlement, répétés ou non, et à en mesurer l’évolution parmi la communauté étudiante de GEM, quel que soit le programme, la zone géographique, et le niveau de formation. Le baromètre se présente sous la forme d’un questionnaire anonyme (seuls le sexe du répondant et le programme suivi sont indiqués) adressé chaque année au mois de mars, à l’ensemble des étudiants de GEM. Il permet d’aborder les thématiques suivantes : harcèlement sexuel, moral, en ligne, sexisme et rôle des parties prenantes et de GEM.
Selon ses résultats, il permet de proposer des solutions ou actions de sensibilisation. Les résultats de l’année précédente ont par exemple démontré le besoin de sensibiliser les étudiants sur les actions à mener en tant que futur manager pour lutter contre le harcèlement mais aussi sur les moyens de ne pas subir le harcèlement. Une équipe d’étudiants de l’Ecole accompagnée par la chaire FERE a notamment organisé une journée contre le harcèlement en avril 2019. Par ailleurs, le baromètre démontre que la notion de harcèlement est de moins en moins banalisée.

LES RESULTATS (Synthèses) du baromètre 2019

Cette année, le questionnaire a été rempli par plus de 25 % des étudiants de l’Ecole grenobloise (environ 800 répondants), tous programmes de formation confondus. Résultats, analyses et actions mises en œuvre pour enrayer le plus possible ce phénomène.

UN TAUX DE HARCELEMENT RESSENTI INFERIEUR A LA MOYENNE NATIONALE. Selon le baromètre Pros-Consulte 2018, 13,1% des salariés en entreprise sont victimes de harcèlement, agressions ou incivilités tandis que 9,8 % des étudiants de GEM déclarent avoir déjà été victime de harcèlement ou de violences(s) dans au moins un des lieux qu’ils fréquentent régulièrement. « Le milieu dans lequel évolue nos étudiants se rapprochent plus du monde professionnel que du milieu scolaire. Nous avons pris en compte l’ensemble des signes de harcèlement – moral ou sexuel -, agression, incivilité ou remarque déplacée dont il nous a été fait part dans les réponses » explique Séverine Le Loarne, professeur à GEM à l’origine du baromètre. « Cela signifie que GEM est un îlot qui protège ses étudiants et leur permet de travailler plutôt sereinement ». Pas étonnant donc qu’aucun élément négatif ne soit rapporté par les étudiants au sujet d’un éventuel dérapage du corps professoral ou du personnel administratif. « En ce sens, nos résultats diffèrent de ce que l’on peut retrouver sur les sites web comme « paie ta fac » par exemple, c’est rassurant ! ». Pour autant, les lieux de sexisme sont identifiés, surtout dans les lieux de vie de l’étudiant, en dehors donc de la salle de cours.

UN HARCELEMENT MAJORITAIREMENT A CARACTERE SEXISTE. 80 % des 9,8 % d’étudiants qui se sont sentis harcelés sont des femmes qui ont subies des remarques en rapport avec leur physique. 44 % d’entre elles ont décidé d’ignorer la situation. Cette stratégie d’évitement n’a pas évolué depuis la création de ce baromètre. « Nous devons donc continuer à sensibiliser l’ensembles des publics via la chaire FERE, le mouvement WoMen@GEM porté par l’administration, et le collectif Ré@gir porté par les étudiants » poursuit Séverine Le Loarne. Outre les conférence et interventions au sein des programmes pour sensibiliser les étudiants, la chaire Femmes et Renouveau Economique (FERE) souhaite travailler sur un certificat « leadership au féminin » pour aider les étudiantes à faire valoir leurs idées, à prendre la parole en groupe, etc. « L’idée serait de contrebalancer « l’effet coq » que nous avons mis en lumière dans une recherche de la chaire FERE » développe Séverine Le Loarne.

BAISSE DU CYBER HARCELEMENT ET RETOUR DU HARCELEMENT VERBAL. Plus de 50 % des étudiants qui déclarent avoir subi une violence à caractère sexuel l’ont subi de visu. Une nette évolution par rapport au baromètre 2018 ou la cyberviolence primait. Le baromètre identifie principalement deux lieux de harcèlement : les regroupements d’étudiants (intra et extérieurs à GEM) et les lieux de vie et de déplacement des étudiants (abords de l’école, résidence d’habitation, transports en commun, lieu de travail). La salle de cours, le corps professoral et le personnel administratif sont des lieux et des sources épargnés. GEM est heureusement loin du mouvement « paye ta fac ». « Nous intervenons en début d’année dans l’ensemble des programmes pour informer et prévenir les actes de harcèlement. Les règles en vigueur ont aussi récemment été ajoutées dans le règlement des études » conclut Séverine Le Loarne.