Le harcèlement est « un comportement qui humilie une personne en situation de faiblesse »

Le professeur Mark Smith est spécialiste des carrières des femmes en Europe. C’est à ce titre qu’il est membre de la Chaire FERE. Ici, c’est aussi en temps que Doyen élu de la Faculté de Grenoble Ecole de Management qu’il se prononce sur le harcèlement, en particulier le harcèlement sexuel envers les femmes.

La Bande Dessinée, réalisée par les étudiants de 1ère année de Grenoble Ecole de Management en avril 2019 parle d’elle-même. Retenons cependant quelques éléments saillants.

Harcèlement, Harcèlement sexuel et Écoles de Management

Qu’est ce que le Harcèlement ?

« C’est un comportement offensant visant à humilier ou à dévaloriser quelqu’un qui présente souvent les caractéristiques autres que celles du groupe dominant« .

« Le harcèlement sexuel est une avance sexuelle non désirée et répétitive qui persiste après que le destinataire ait montré qu’il ou qu’elle n’était pas intéressé(e)« .

Les situations de harcèlement se détectent, mesures aux travers de nombreuses études et protocoles. Les universités de Nouvelle Zélande sont particulièrement en pointe en recherche sur ces sujets.

 

Et dans les Écoles de Management, quid du Harcèlement ?

Les Écoles de Management sont une partie de la Société. Le harcèlement existe dans la société française. Il existe dans le monde entier… Le sujet était jusqu’à présent peu abordé mais il est évident qu’il y a des signes de harcèlement dans les Écoles, tout comme il y en a dans la société.

GEM a été précurseur pour le détecter pour le prévenir. On y travaille, avec les étudiants d’ailleurs, depuis plus de 3 ans désormais, à la fois pour stopper des situations de harcèlement, pour prévenir leur existence mais aussi pour former les futurs managers à ne pas harceler !

 

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Quelles sont les situations à envisager dans le cas d’un harcèlement dans une école ? Comment agir pour le dénoncer ?

Oui, mon action est surtout à GEM en tant que Doyen élu. Elle est aussi à la Conférence des Grandes Écoles puisque GEM en fait partie, en particulier dans les commissions auxquelles je participe en tant que Doyen.

Je distingue deux cas:

1) Le cas d’un harcèlement que subirait un employé de GEM, membre du corps professoral ou autre membre du personnel

Certes, il appartient en premier lieu à la personne qui se sent harcelée de signaler ce comportement inapproprié, qui pourrait venir de n’importe qui au sein de GEM ou en lien avec GEM : d’un collègue, d’un étudiant, d’un tiers… Le signalement peut se faire à la Direction des Ressources Humaines mais aussi au manager ou à moi-même. C’est aussi à chacun de veiller à la situation des autres : Si on constate qu’un de nos collègues ou un étudiant a un comportement inapproprié et répété envers un de nos collègues, il est important de le signaler.

Dans ce cas, le sujet est traité dans le cadre des commissions en lien avec le management des ressources humaines s’il s’agit d’un collègue « harceleur ». Le droit du travail existe et, si le harcèlement peut être qualifié et avéré, le harceleur est sanctionné. Si le harceleur est un étudiant ou un tiers, des mesures juridiques existent et des poursuites peuvent être initiées à commencer par le dépôt de plainte. Cela est alors géré par la direction juridique de l’école et les avocats de GEM.

2) Le cas d’un harcèlement que subirait un ou une étudiante

C’est pareil : c’est à chacun de nous, professeurs ou employés de GEM mais aussi aux étudiants, de veiller sur les autres et c’est à l’étudiant, s’il le peut, de se manifester. l’interlocuteur privilégié est plutôt le directeur de programmes et les délégués des promotions.

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Comment prévenir le harcèlement dans les écoles de management et à GEM en particulier ?

Déjà, en sensibilisant, en faisant prendre conscience de ce qu’est un comportement inacceptable de manière concrète. Cela passe par des actions de vigilance et d’accompagnement : Sophie Buer – Chemin, responsable des programmes associatifs, a explicité ces éléments à tous les membres des bureaux élus des associations. La journée que vous (étudiants de l’ESC 1A) organisez fait partie de cette démarche de sensibilisation qui touche certes un large public mais aussi un public interne et les étudiants. Le baromètre du harcèlement va être lancé le 5 avril 2019. Ce sera la 3ème année que l’on fait cela. En interne, WoMen@GEM, la cellule d’inclusion que j’ai lancée l’année dernière en tant que Doyen, permet de sensibiliser aussi les employés. De manière générale, de nombreux chercheurs travaillent sur la question de la bienveillance au travail. Leurs travaux sont autant de petites gouttes d’eau pour contribuer à cette sensibilisation.

Ensuite, en accompagnant les victimes de harcèlement. Déjà, en traitant tous les cas de suspicion de harcèlement de manière objective. Cela peut passer par des conseils de discipline donnant lieu à sanction de la personne qui a harcelé ou de la personne qui a faussement accusé un tiers de harcèlement. Ensuite, en mettant un lieu sur, des personnes sûres et compétentes pour accompagner la « reconstruction » des victimes de harcèlement : Nous avons une cellule d’aide psychologique et juridique à  GEM, nous travaillons en partenariat avec des cellules spécialisées dans le domaine.

Toute notre démarche a démarré en 2017 avec les étudiants, le collectif Re@gir créé la même année, avec la direction des programmes. Il reste encore beaucoup à faire et nous le ferons ensemble !