Octobre 2017 a été marqué par un évènement qui n’a fait que s’amplifier depuis. L’affaire Weinstein avait déclenché une vague de dénonciation d’agressions sexuelles à travers le monde entier qui a permis de libérer la parole des femmes sur ce sujet, l’occasion de revenir sur 2 ans d’une prise de parole sans précédent. #MeToo

Les origines du mouvement

En octobre 2017, lors de l’affaire Weinstein, qui traite de la révélation des agressions sexuelles et harcèlements attribué à Harvey Weinstein, l’actrice Alyssa Milano publie un post sur twitter encourageant les femmes à écrire “me too” en réponse afin que l’opinion publique puisse prendre mesure de l’ampleur du phénomène.

A l’origine, c’est Tarana Burke, travailleuse sociale de Harlem, qui lance l’alerte me too 11 ans plus tôt. Le tweet de l’actrice a donc permis au phénomène de prendre une ampleur beaucoup plus grande à travers la toile. De nombreuses personnalités du cinéma ont à ce moment témoigné et apporté leur soutien au mouvement. Il ne s’agit pas seulement de femmes, mais aussi des hommes, eux aussi victimes d’agressions sexuelles.

Quels effets sur la société ?

Ce mouvement a sans aucun doute permis de libérer la parole des femmes, tant sur les réseaux que dans la sphère privée. Ainsi, un sondage mené par la Fondation des femmes a mis en évidence le fait que sept femmes sur dix ont parlé des agressions sexuelles qu’elles avaient subi à leurs proches pendant la campagne. Elles sont 91% à avoir déclaré cette prise de parole positive. Cette augmentation est d’autant plus confirmée qu’elle s’accompagne d’une hausse des appels aux plateformes d’écoute de plus de 1000 femmes par mois entre octobre et décembre 2017.

Le mouvement Me Too a réveillé la parole actrices, des femmes, mais aussi celle des politiques. Ainsi en mars 2018, le gouvernement français annonçait des mesures contre les inégalités homme/femmes avec un budget accrédité de 420 millions d’euros et un projet de loi instaurant un délit d’outrage sexiste. Ces mesures ont cependant créé de la déception chez les associations mobilisées due à l’écart entre intentions affichées et mesures réelles.

Toutefois, le premier semestre de 2018 affichait une hausse de 23% des plaintes déposées pour agressions sexuelles selon le Haut Conseil à l’Egalité. Des résultats qui s’opposent au nombre de condamnation pour agressions sexuelle qui chutent de 25% durant les dix dernières années, qui mettent en lumière le besoin de moyens humains et financiers accordés aux associations.

Comment le mouvement me too a-t-il touché les hommes ?

Selon une étude Ipsos, 66% d’entre eux jugent que le hastag Me Too était une “bonne chose”. Une étude menée par le Parisien montre en enthousiasme plus grand avec 90% des hommes qui auraient trouvé l’écho à l’affaire Weinstein légitime et 87% nécessaire. Le mouvement a également permis a 16% des hommes de changer leur vision du harcèlement sexuel, un taux qui monte à 25% chez les moins de 35 ans. Ces chiffres sont encourageants, mais nettement pas suffisant, d’autant plus que seulement 6% des hommes déclarent avoir constaté un changement dans le comportement des hommes de leur entourage.

Un bilan positif mais des résultats toujours trop faibles

Le mouvement Me Too a incontestablement eu un impact sur la libération des femmes. Cet impact est mondial avec des hashtags créés en plusieurs langues pour les différents pays et ne s’est pas limité aux Etats-Unis. Le mouvement a permis aux femmes de partager leurs expériences et de montrer au monde entier l’ampleur de ces agressions avec notamment des chiffres alarmants. Ceci a permis une prise de conscience globale et engendré la mise en place de mesures qui ont à leur tour fait émerger un manque de moyens pour une prise en charge complète. Le mouvement a fait évoluer la position de certains hommes sur le harcèlement sexuel, preuve que le mouvement Me Too a eu un impact sur les hommes comme sur les femmes.

Deux ans après, les impacts sont positifs mais nécessites d’être entretenu, sous peine que le mouvement s’essouffle.